Gérer les colères (ou essayer)

gérer les colères

Avec Maé nous n’avions pas eu de « problème » de gestion des colères. C’était un enfant paisible et calme. Il était seul avec nous et nous répondions, je pense, à l’ensemble de ses besoins.  Je travaillais peu et avais beaucoup de temps pour lui.



Ses émotions nous en parlions facilement et son bon niveau de langage a beaucoup simplifier les choses.

Alors quand Romane a commencé à faire de grosses colères nous avons été vraiment désemparés.

Ça a commencé tôt, vers 18 mois.

La frustration

La première cause a été la frustration. Elle voulait, elle veut toujours faire comme son frère. Trois ans d’écart ce n’est pas beaucoup mais il y a quand même pas mal de choses qu’elle ne peut pas faire… Dans les parcs d’attractions par exemple, elle n’a pas la taille requise… Dernièrement elle était très déçue de ne pas réussir à dessiner un clown comme son frère ou ne pas réussir à boutonner son pantalon… Alors bien-sûr pour les choses du quotidien, c’est plus facile, je la rassure, je lui montre ce qu’elle sait faire et que son frère ne sait pas faire… Mais parfois je n’ai pas de solutions… Elle aimerait faire du foot (ça a été une grosse frustration au départ maintenant elle s’y fait) mais malheureusement les clubs de foot ne prennent pas avant 5 ans ! Enfin…

La solution que l’on a trouvée, c’est de vraiment valoriser ce qu’elle fait. Quitte à en faire des tonnes !

Moi je sais ce que je veux !

Romane sait ce qu’elle veut. On ne peut pas détourner son attention. Parce que finalement avec Maé on arrivait facilement à le faire passer à autre chose. Romane si elle a décidé de faire du manège tu peux bien lui proposer le parc ou un chocolat ; non elle veut faire du manège.

Elle n’a pas trois ans qu’elle sait déjà ce qu’elle veut pour son anniversaire depuis trois mois, et ça ne change pas : un trampoline et une guitare !

Nos solutions : d’abord on a lâché sur certains trucs ! Les vêtements, les chaussures, j’écoute ce qu’elle veut. Elle refuse catégoriquement les robes. Je m’y suis faite ! On opte pour les shorts avec collants et les pantalons. Elle veut choisir ses vêtements ok, tant pis si ce n’est pas forcément à mon goût. Elle ne jure que par ses « baskets de Nike » offerte par son grand cousin, Ok elle porte ses baskets ! Elle ne veut ni couettes, ni barrettes, soit mais du coup on fait un petit carré c’est plus pratique ! Parfois c’est difficile de lâcher prise, de ne pas les habiller comme on veut, de se laisser porter par son enfant.  Et puis franchement qu’elle importance ! Si on peut éviter une colère, moi je dis OUI au pantalon jaune avec la veste rose !

Donc on essaie le plus souvent de la laisser choisir, plus elle a l’impression de décider mieux ça se passe ! On écoute ses envies aussi, elle m’a récemment demandé d’aller à la ferme, nous irons donc mercredi !

Bien sur il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas la laisser décider, ce qui concerne la sécurité par exemple. Mais généralement ça se passe bien. Et il y aussi les règles propres à chez nous : on s’assoit sur le canapé, on mange à table, on ne tape pas son frère… on répète encore et encore et ça finira par rentrer !

L’anticipation

On a appris à anticiper ! Si on va dans un magasin, je préviens « on vient acheter ça et ça, on n’achètera rien d’autre et on reste à côté de moi ». Quand on va dans un parc d’attraction ou musée, « on paie la visite on en profite, mais on n’achètera rien dans la boutique »… Dans un parc, « Encore 5 minutes » puis « encore deux descentes de toboggan et on y va ».  Quand on a des invités « on va avoir d’autres enfants, il va falloir prêter des jouer, ceux que tu ne veux pas du tout prêter on les range au cellier ou dans la chambre de papa et maman »…

Enfin voilà, on commence à connaître les situations qui peuvent être conflictuelles, donc on les anticipe plus facilement.  Ça prend de l’énergie parfois, mais au final on y gagne en sérénité.

Les discussions et la relaxation

Nous avons eu une période avec des colères très fréquentes. Et nous avions du mal à gérer car cela nous demandait beaucoup d’énergie, que l’on n’a pas toujours le soir après une journée de travail !

J’ai donc commencé le yoga pour moi et avec les enfants et surtout la relaxation. Les jours où je les trouve trop énervé, nous faisons une mini séance de relaxation avec la « méditation de la petite grenouille » (disponible sur Youtube et Deezer).

Et puis nous avons acheté le livre « la couleur des émotions ». Ça nous a permis de mettre des mots sur ses émotions. Alors dès qu’elle en a envie nous le lisons. Elle l’aime beaucoup. Elle voue presque un culte au montre de la colère. Et elle se trouve souvent en colère – parce qu’elle a dû prendre une douche, ou parce que papa n’est pas là… On en parle et je pense que ça a permis de désamorcer certaines grosses colères.

Je parle beaucoup de mes émotions aussi à mes enfants. Je suis en colère car j’ai passé une mauvaise journée… Je suis fatiguée, j’ai mal dormi… Je pense que c’est aussi essentiel pour eux de savoir que nous aussi nous avons des émotions à gérer !

El les colères que l’on ne voit pas arriver ?

Certaines arrivent sans crier gare ! Et on se les prend en pleine face. Chaque enfant a besoin de savoir que son parent est disponible pour lui à ce moment-là. Mais tous les enfants n’ont pas besoin de la même chose. Certains aiment être dans les bras, enveloppés dans une couverture… Romane elle a besoin de s’isoler quelques minutes, de crier, de taper dans ses jouets, de les jeter… Généralement elle ne supporte pas qu’on la touche. Si je peux lui parler – parfois elle hurle dès que je lui parle – je lui dis que je comprends sa colère. Et je la laisse crier seule quelques minutes. Quand elle commence à se calmer, je la rejoins et je la serre très fort dans mes bras. Et on en discute.

Et quand on ne gère pas

Parfois on n’y arrive, on ne gère pas la colère correctement ! On s’énerve, on s’emporte, on brusque, on dis des mots que l’on ne voulait pas dire…

Bien sur que ça arrive, nul n’est parfait (sauf sur Instagram) ! Et bien il n’y a aucun mal à s’excuser envers son enfant, à lui expliquer « je n’ai pas compris ta colère, je suis moi aussi très fatiguée et en colère, excuse-moi je n’aurais pas dû dire ça… », un câlin et tout s’arrange.

Avec nos solutions – qui ne sont pas les meilleurs et surtout qui sont propres à notre famille – les colères se sont espacées et Romane est plus sereine, et moi aussi.

Pour tout vous dire, moi qui n’étais pas contre une fessée de temps en temps avec Maé, qui pensait que l’autorité était la seule façon d’élever des enfants, j’ai beaucoup changé et évolué avec Romane, pour le bien de mes deux enfants ! Du coup il n’y a plus de fessées chez nous, et nous essayons de laisser les enfants plus libres de leurs décisions, tout en maintenant un cadre clair. Un cadre propre également à notre famille. Et franchement pour le moment nous sommes heureux comme ça tous les quatre !

Nous évoluerons encore certainement au fil des années et des différentes étapes avec nos enfants, car ce sont nos enfants qui nous apprennent à être de meilleurs parents chaque jour !

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